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Myriam

Roux

Plasticienne du végétal

Avant même que l’homme n’apparaisse, des animaux tressaient, tissaient déjà des végétaux. Et l’homme a donné très tôt aux plantes tressées un rôle important, voire vital : se protéger, se vêtir, récolter, transporter, conserver… Ces savoirs millénaires ont traversé le temps et nous sont parvenus quasi intacts.

Ma sensibilité artistique puise son essence à l’origine. Une approche permanente de nos racines, bien au-delà de l’inventaire, me permet d’en retenir l’essence, de me l’approprier, puis d’en redonner toute sa subtilité à travers le filtre de ma sensibilité en créant des œuvres originales, tableaux, sculptures et tressage in situ.

Tout a commencé par une imprégnation : appréhension de gestes et savoirs liés au tressage traditionnel, alternance de rencontres, de compétences et d’expériences. Puis de collecte en expérimentation, les plantes, leurs couleurs, leurs textures m’ont offert une palette aussi variée que peuvent l’être les techniques d’assemblage.

Débuta alors une période de forte effervescence, mêlant la toute nouvelle liberté de détournement des usages de la vannerie à l’exploration de mon intimité : tresser mes émotions ! La diversité des plantes et des techniques accentua cette frénésie. L’osier et les plantes sauvages, (chèvrefeuille, châtaignier, troène…) apportent couleurs et textures différentes. D’autres matières sont choisies pour leur forme (bois flotté, galets, écorces...) ou leur plasticité (terre, torchis…). Et puis, tout commence ! Avec la matière, peu à peu, la forme prend vie. Rondeurs et mouvements s’enchevêtrent, se nouent et dessinent le végétal. Le brin en tressant se rythme de dessus dessous dessus dessous…Il est le lien entre savoir et imaginaire, traditions et créations, techniques ancestrales et art contemporain

Puis ma création se structure en accentuant des thèmes inhérents à mon exploration : les empreintes « Empreintes d’écorces », « Empreintes d’automne », « Empreintes de terres », le temps « Art’chéo », « Au jour le jour », « Traces ». Elle interroge aussi notre rapport à l’autre « Les morpions », sculpture ludique et interactive entre blancs et noirs, et notre rapport aux autres dans les Entrelacs « Sac de nœuds », « Borromée ».

Tout naturellement, le désir de supprimer le cadre, de m’installer dans la nature afin d’être en cohésion plus étroite avec elle, se fait jour. Les tressages in situ amplifient la dynamique du vivant. Dans « Le parcours d’art contemporain de Notre Dame des Landes », les tressages de fougères, d’herbe et de ronce ont à la fois intégrés et révélés le paysage. L’œuvre finie, c’est la nature qui assure la continuité, poursuit l’histoire et donne à l’œuvre une nouvelle dimension. Ce rapport à l’éphémère n’est finalement qu’une évocation poétique de la précarité de notre passage…

Anaké – Vente d'art tribal et ethno-contemporain – Magasin à Nantes et boutique en ligne : œuvres d'art, antiquités, objets de décoration, mobilier, bijoux…